Département du Var Archives départementales du Var

Exposition virtuelle consacrée à l'histoire de la laïcité

Exposition virtuelle consacrée à l'histoire de la laïcité

Cette exposition virtuelle est le pendant d'une exposition itinérante conçue par le service éducatif des Archives départementales du Var. Celle-ci a pour but de retracer l'histoire complexe des rapports entre Pouvoir et Religion depuis le XVIe siècle jusqu'au début du XXIe siècle en mettant l'accent sur le rôle de personnalités varoises. A l'issue de sa présentation aux Archives départementales (8 décembre 2016-6 janvier 2017), cette exposition itinérante a vocation à être prêtée gratuitement aux établissements scolaires (accompagnée d'un dossier pédagogique) ainsi qu'aux communes varoises qui en font la demande.

L'Edit de Nantes

Extrait de l'édit de Nantes - Article 15 (E dépôt 9/92) 1 2
Extrait de l'édit de Nantes - Article 15 (E dépôt 9/92)

Après 40 ans de guerres de religion, l'édit de Nantes promulgué par Henri IV en 1598 confère aux Protestants une liberté de conscience sans leur accorder toutefois l'entière liberté de culte puisque ceux-ci sont exclus de Paris ainsi que des grandes villes épiscopales.

L'édit permet en outre aux Protestants d'accéder à tous les emplois et charges ainsi qu'à toutes les écoles et universités :

"Et pour ne laisser aucune occasion de troubles et différends entre nos sujets, avons permis et permettons à ceux de ladite religion prétendue réformée vivre et demeurer par toutes les villes et lieu de cestui notre royaume et pays de notre obéissance, sans être requis, vexés, molestés ni astreints à faire chose pour le fait de la religion contre les consciences, ni pour raison d’icelle être recherchés dans les maisons ou lieux où ils voudront habiter, en se comportant au reste selon qu’il est contenu dans le présent Edit. " article VI

Lettre du lieutenant général du Roi en Provence visant à empêcher les Protestants de passer la frontière italienne (Archives communales de Callian E dépôt 9/92) 2 2
Lettre du lieutenant général du Roi en Provence visant à empêcher les Protestants de passer la frontière italienne (Archives communales de Callian E dépôt 9/92)

En 1685, Louis XIV, par l'édit de Fontainebleau révoque l'édit de Nantes de 1598 dans une volonté de rétablir l'unité religieuse de pays. Le culte prostestant est désormais interdit :

- L'article 1 ordonne la destruction de tous les temples.

- L'article 3 interdit l'exercie du culte protestant.

- Les articles 4 et 5 donnent le choix aux pasteurs de la conversion ou de l'exil.

- L'article 10 interdit aux proterstant non-convertis de quitter le royaume.

Cette lettre est une application de l'édit de Fontainebleau empêchant les protestants mais aussi les nouveaux convertis de sortir du royaume de France.

La révocation de l'édit de Nantes entraîne le départ de près de 200 000 réformés qui vont s'exiler en pays protestant.

La Révolution française

Extrait du cahier de doléances de la communauté d'habitants de Draguignan (Arch. dép. Var 1 B 2466) 1 10
Extrait du cahier de doléances de la communauté d'habitants de Draguignan (Arch. dép. Var 1 B 2466)

En mars 1789, les habitants se réunissent pour rédiger les cahiers de doléances. Parmi celles-ci, plusieurs font référence à une volonté d'autoriser une pleine liberté de conscience :

Les Arcs : "La liberté de penser et d'écrire sera établie en loi."

Cahier de doléances des Arcs, Arch. Dép. Var 1 B 2466

"La liberté de publier ses opinions, faisant partie de la liberté individuelle, puisque l'homme ne peut être libre, quand sa pensée est esclave ; la liberté de la presse sera accordée indéfiniment, sauf les réserves qui pourront être faites par les Etats généraux."

Cahier de doléances de Châteaudouble, Arch. Dép. Var 1 B 2466

"L'imprimerie, écho de la pensée, sera libre comme elle, sans cependant que l'on puisse s'en servir pour corrompre les mœurs, renverser la religion et noircir l'honneur des citoyens."

Cahier de doléances de Draguignan, Arch. Dép. Var 1 B 2466

Tourettes : "Pour la liberté de publier ses opinions faisant partie de la liberté individuelle, puisque nul ne peut être censé libre lorsque sa pensée est esclave ;

Pour la liberté de la presse en général, sauf les réserves qui pourront être faites par les Etats généraux."

Cahier de doléances de Tourettes, Arch. Dép. Var 1 B 2466

Extrait de la constitution de septembre 1791 (1 K 12) 2 10
Extrait de la constitution de septembre 1791 (1 K 12)

La Constitution prévoit dans son Titre I : "Il sera créé et organisé une Instruction publique commune à tous les citoyens, gratuite à l’égard des parties d’enseignement indispensables pour tous les hommes et dont les établissements seront distribués graduellement, dans un rapport combiné avec la division du royaume."

Portrait de Jean-Joseph Rigouard (10 FI 62) 3 10
Portrait de Jean-Joseph Rigouard (10 FI 62)

Né à Solliès en 1735, curé de Solliès-Farlède jusqu'à la révolution où son activité ecclésiastique est éclipsée par ses engagements politiques. Franc-maçon convaincu, il est également élu député du clergé du Var aux Etats Généraux le 6 avril 1789 et épouse les idées du tiers-état. Nommé évêque du Var en 1791, il approuve la constitution civile du clergé et devient un fervent défenseur du clergé constitutionnel contre le clergé réfractaire. Il décède à Solliès-Pont le 15 mai 1800.

Portrait de Maximin Isnard (10 FI 34) 4 10
Portrait de Maximin Isnard (10 FI 34)

Né à Grasse le 24 février 1758. Fils d'un négociant en parfumerie, il s'installe à Draguignan après son mariage avec Françoise Clérion, fille du lieu et s'associe avec son beau-père pour les affaires.

C'est au début de la révolution que ses idées nouvelles et sa facilité à parler devant un auditoire le propulsent à l'Assemblée législative où il est élu député du Var en 1791. Orateur virulent, il siège avec les Girondins et n'a de cesse de réclamer des mesures répressives contre les émigrés et les prêtres réfractaires, en particulier lors de ce discours prononcé à l'assemblée le 14 novembre 1791 :

" La religion est un instrument avec lequel on peut faire beaucoup plus de mal qu'avec les autres ; aussi il faut traiter ceux qui s'en servent beaucoup plus sévèrement que les autres sujets ; il faut chasser de France ces prêtres perturbateurs ; ce sont des pestiférés qu'il faut renvoyer dans les lazarets de Rome et d'Italie. "

Maximin Isnard est ensuite élu député de la convention en 1792, il en devient le président en 1793. Dès lors, son opposition à Robespierre l'oblige a quitter la France en 1793 avant de revenir l'année suivante pour poursuivre sa carrière politique. Ce citoyen fermement opposé au clergé au début de sa carrière va finir ses jours à Grasse en 1825 en tant que " croyant mystique ".

Lettre de Jacques-rené Hébert à Maximin Isnard lui demandant s'il peut faire publier dans son journal son discours sur les prêtres réfractaires (1) 1 J 242 5 10
Lettre de Jacques-rené Hébert à Maximin Isnard lui demandant s'il peut faire publier dans son journal son discours sur les prêtres réfractaires (1) 1 J 242

Ce discours est à l’origine du décret sur les prêtres réfractaires du 29 novembre 1791. Il stipulait que tous les prêtres réfractaires ne pouvaient invoquer les droits de la Constitution, qu'ils seraient en conséquence traités en suspect et soumis à une surveillance particulière et qu'en outre ils perdraient leur traitement.

Jacques-René Hébert, journaliste fondateur du journal « Le père Duchesne » écrit alors à Maximin Isnard, lui demandant s’il peut lui faire parvenir son discours du 14 novembre 1791 relatif aux prêtres réfractaires pour qu’il le publie dans son journal.

Maximin Isnard est ensuite élu député de la convention en 1792, il en devient le président en 1793. Dès lors, son opposition à Robespierre l'oblige à quitter la France en 1793 avant de revenir l'année suivante pour poursuivre sa carrière politique. Ce citoyen fermement opposé au clergé au début de sa carrière va finir ses jours à Grasse en 1825 en tant que « croyant mystique ».

Lettre de Jacques-rené Hébert à Maximin Isnard lui demandant s'il peut faire publier dans son journal son discours sur les prêtres réfractaires (2) 1 J 242 6 10
Lettre de Jacques-rené Hébert à Maximin Isnard lui demandant s'il peut faire publier dans son journal son discours sur les prêtres réfractaires (2) 1 J 242
Portrait d'Honoré Muraire (10 FI 52) 7 10
Portrait d'Honoré Muraire (10 FI 52)

Honoré Muraire est né le 5 novembre 1750 à Draguignan. Avocat, maire de Draguignan en 1785, député à la Législative en 1791, il rédige un rapport sur la laïcisation de l'état civil présenté à l'Assemblée en février 1791.

Rapport d'Honoré Muraire à l'origine de la loi de laïcisation de l'Etat civil (1) 1 J 620 8 10
Rapport d'Honoré Muraire à l'origine de la loi de laïcisation de l'Etat civil (1) 1 J 620

Honoré Muraire est né le 5 novembre 1750 à Draguignan. avocat, maire de Draguignan en 1785, député à la Législative en 1791, il rédige un rapport sur la laïcisation de l'état civil présenté à l'Assemblée en février 1791.

Ce rapport débouche sur la loi du 20 septembre 1791 : les registres de naissance, mariages et décès sont transférés aux mairies et sont tenus par un représentant du conseil général de la Commune. Il faut voir dans ce transfert un semi-échec de la constitution civile du clergé. En effet, Certains catholiques refusent d'être marié par un prêtre jureur et risquent de se retrouver hors-la-loi s'ils font appel à un prêtre réfractaire.

Rapport d'Honoré Muraire à l'origine de la loi de laïcisation de l'Etat civil (2) 1 J 620 9 10
Rapport d'Honoré Muraire à l'origine de la loi de laïcisation de l'Etat civil (2) 1 J 620
Décret du 18 floréal an II instaurant la fête de l'Etre suprème (1 L 64) 10 10
Décret du 18 floréal an II instaurant la fête de l'Etre suprème (1 L 64)

Entre 1792 et 1794, deux visions s'opposent parmi les Révolutionnaires, les premiers, athées, veulent voir disparaître la religion du champ social, d'autres au contraire comme Robespierre rejettent l'athéisme, celui-ci fait même voter le décret du 18 floréal an II reconnaissant l'existence de l'Etre suprème et l'immortalité de l'âme.

Le Concordat

L'arrivée au pouvoir de Bonaparte en tant que Premier Consul en 1799 se caractérise par une volonté de réchauffement entre la papauté et le Pouvoir. Ainsi il autorise tout ecclésiastique qui prête serment à la nouvelle constitution à célébrer le culte. Il autorise aussi l'ouverture des églises et le repos le dimanche. De nombreux prêtres réfractaires vont ainsi revenir d'exil.

Avec l'élection du pape Pie VII, Bonaparte décide de prolonger ce rapprochement, à la fois pour résoudre la crise religieuse en France mais aussi pour éloigner les catholiques français du parti royaliste. Après de longues négociations, le concordat est signé, il réglera les relations entre l'Etat et l'Eglise catholique jusqu'en 1905. La religion catholique devient celle « de la grande majorité des Français » à défaut d'être religion d'Etat. La nomination des évêques est désormais le fait du chef de l'Etat, le pape accordant ensuite l'institution canonique. Bonaparte demande au varois Jean-Etienne-Marie Portalis, rédacteur du code civil, de préciser les termes du Concordat en y rajoutant une série de règlements très contraignants devant régler en détail la vie de l'Eglise de France. Ces « articles organiques » ne seront jamais acceptés par le Saint-Siège puisqu'ils vont limiter au strict minimum les relations entre évêques français et le pape.

Portrait de Jean-Etienne Portalis (7 FI 16) 1 17
Portrait de Jean-Etienne Portalis (7 FI 16)

Jean-Etienne-Marie Portalis : fils d'un notaire, commence sa carrière, en 1765, comme avocat au Parlement d'Aix. Il y acquiert une grande réputation et occupe plusieurs charges à la veille de la Révolution. Il est à l'origine de l'édit de 1787 sur l'état civil des protestants. Emprisonné sous la Terreur, il s'inscrit au barreau de Paris après Thermidor. Il est élu au Conseil des Anciens qu'il préside en 1796. Le 8 octobre 1801, il devient Directeur des affaires ecclésiastiques puis ministre des Cultes le 10 juillet 1804, en récompense du rôle qu'il a joué dans l'élaboration du Concordat. Il meurt quelques années plus tard des suites d'une opération de la cataracte.

Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 1) 2 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 1)

Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 2) 3 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 2)
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 3) 4 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 3)
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 4) 5 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 4)
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 5) 6 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 5)
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 6) 7 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 6)
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 7) 8 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 7)
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 8) 9 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 8)
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 9) 10 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 9)
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 10) 11 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 10)
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 11) 12 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 11)
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 12) 13 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 12)
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 13) 14 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 13)
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 14) 15 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 14)
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 15) 16 17
Extrait du recueil des lois de 1802 contenant les articles du concordat passé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII (page 15)
Décret du 19 février 1806 instaurant la fête de la Saint Napoléon et le rétablissement de la religion catholique (1 K 48) 17 17
Décret du 19 février 1806 instaurant la fête de la Saint Napoléon et le rétablissement de la religion catholique (1 K 48)

Le 19 février 1806, Napoléon fait paraître un décret instituant la fête de Saint Napoléon ainsi que le rétablissement de la religion catholique.

La même année, il renforce sa domination sur l'Eglise en édictant un "catéchisme impérial". Celui-ci oblige le clergé de l'Empire à enseigner comme un acte de foi l'obéissance au pouvoir :

"Question : Quels sont les devoirs des chrétiens à l'égard du prince qui les gouverne, et quels sont en particulier nos devoirs envers Napoléon Ier, notre Empereur ?

Réponse : Les chrétiens doivent aux princes qui les gouvernent et [...] en particulier à Napoléon Ier, notre Empereur, l'amour, le respect, l'obéissance, la fidélité, le service militaire, les tributs ordonnés pour la conservation et la défense de l'Empire et de son trône ; nous lui devons encore des prières ferventes pour le salut et pour la prospérité spirituelle et temporelle de l'Etat [...] Honorer et servir notre Empereur est donc honorer et servir Dieu lui-même. [...]

Question : Que doit-on penser de ceux qui manqueraient à leur devoir envers notre Empereur ?

Réponse : Selon l'apôtre saint Paul, ils résisteraient à l'ordre établi de Dieu même et se rendraient dignes de la damnation éternelle."

Le XIXe siècle

Photographie de l'école normale d'institutrices ouverte à Draguignan en 1889 (2 FI DRAGUIGNAN 183) 1 5
Photographie de l'école normale d'institutrices ouverte à Draguignan en 1889 (2 FI DRAGUIGNAN 183)

Le décret du 17 mars 1808 prévoit la création d’écoles normales pour la formation des instituteurs mais il faut attendre la loi Guizot de 1833 pour que soit ouverte dans le Var la première école normale de garçons à Brignoles. En 1844, une ordonnance du Roi crée l'école normale de Draguignan (quartier de la porte de Trans) et en 1864 elle est transférée à l'actuelle rue Jean Aicard. En 1889, l'école normale d'institutrices est ouverte à Draguignan avenue Carnot.

Discours de Victor Hugo à l'Assemblée dans lequel il s'oppose à la loi Falloux - 2 K 142 (1) 2 5
Discours de Victor Hugo à l'Assemblée dans lequel il s'oppose à la loi Falloux - 2 K 142 (1)

En 1850 avec la loi Falloux, l'État conservateur délègue à l'Église l'éducation des enfants. En effet, pour l'enseignement primaire, il est désormais possible de supprimer les écoles normales ; les instituteurs primaires sont surveillés par les autorités administratives et soumis aux curés.

Dans l'enseignement secondaire, les congrégations même non autorisées comme les jésuites peuvent assurer la direction des institutions secondaires.

Cette loi marque donc un tournant capital, même si les contemporains en sous-estimèrent la portée. Victor Hugo lui, ne s'y trompa pas. Son discours du 15 janvier 1850 constitue un grand moment d'éloquence parlementaire et marque sa rupture avec le parti de l'Ordre.

Source : www.larousse.fr

Discours de Victor Hugo à l'Assemblée dans lequel il s'oppose à la loi Falloux - 2 K 142 (2) 3 5
Discours de Victor Hugo à l'Assemblée dans lequel il s'oppose à la loi Falloux - 2 K 142 (2)
Décret de la commune de Paris instaurant la séparation de l'Eglise et de l'Etat 4 5
Décret de la commune de Paris instaurant la séparation de l'Eglise et de l'Etat

Ce décret, datant du 3 avril 1871, n'a pu être concrétisé puisque la commune de Paris a été écrasée lors de la "semaine sanglante" du 21-28 mai 1871.

Caricature émanant du journal satirique "Le grelot" datée de 1892 5 5
Caricature émanant du journal satirique "Le grelot" datée de 1892

A partir de 1879, une nouvelle majorité républicaine prend le pouvoir. Outre des lois scolaires, le gouvernement fait voter une série de lois : laïcisation des pompes funèbres, des hôpitaux, des cimetières, rétablissement du divorce etc.

Après cette phase d'offensive anticléricale, la situation s'apaise. De 1893 à 1898, les Républicains au pouvoir sont soucieux d'obtenir un rapprochement avec les catholiques : Eugène Spuller, alors ministre des Cultes prône en 1894 un "esprit nouveau de tolérance".

Du côté catholique, la politique de ralliement à la République débute par le fameux "toast d'Alger" en 1890 où le cardinal Lavigerie, archevêque d'Alger prend la parole devant un groupe d'officiers de la marine française. Il appelle les catholiques à accepter la République en déclarant :

« Quand la volonté d'un peuple s'est légalement affirmée, quand la forme d'un gouvernement n'a rien de contraire aux principes qui seuls peuvent faire vivre les nations chrétiennes et civilisées ; quand, pour tenter d'arracher son pays aux abîmes qui les menacent, il faut l'adhésion à cette forme de gouvernement, le moment vient de déclarer, enfin, l'épreuve faite [...]»

Ce célèbre toast marque le début de la politique de Ralliement du Saint-Siège à la République confirmée en 1892 par l'encyclique de Léon XIII intitulée Au milieu des sollicitudes. Cette tentative de rapprochement va être stoppée net par l'affaire Dreyfus faisant réapparaître la fracture entre catholiques et laïcs.

L'école laïque

Portrait de Jean-Baptiste Ferrouillat, sénateur du Var (7 FI 13) 1 2
Portrait de Jean-Baptiste Ferrouillat, sénateur du Var (7 FI 13)

30 octobre 1886 : Extraits du rapport présenté par Jean-Baptiste Ferrouillat

« La loi du 28 mars 1882 a laïcisé les programmes. Le projet actuel impose la laïcité du personnel enseignant. ». Cette disposition est confirmée en 1886 par la loi Goblet.

Jean Baptiste Ferrouillat, docteur en droit et homme politique français. Il a été ministre de la Justice et des Cultes dans le gouvernement Charles Floquet. Élu député du Var de 1871 à 1876 et sénateur du Var de 1876 à 1891.

Portrait de Jules Ferry 2 2
Portrait de Jules Ferry

28 mars 1882 : Loi sur l'enseignement primaire obligatoire

Obligation pour les enfants des deux sexes, de fréquenter l'école de 6 à 13 ans. Suppression de l'enseignement de la morale religieuse au profit d'une instruction morale et civique. Elle devient laïque.

Le XXe siècle

Portrait de Pierre Waldeck-Rousseau 1 14
Portrait de Pierre Waldeck-Rousseau

Pierre Waldeck-Rousseau président du Conseil, républicain (1899-1902) fait voter la loi 1901 sur les associations avec son titre III sur les congrégations :

Article 13 :

Toute congrégation religieuse peut obtenir la reconnaissance légale par décret rendu sur avis conforme du Conseil d'Etat ; les dispositions relatives aux congrégations antérieurement autorisées leur sont applicables. La reconnaissance légale pourra être accordée à tout nouvel établissement congréganiste en vertu d'un décret en Conseil d'Etat.

Article 14 :

Nul n'est admis à diriger, soit directement, soit par personne interposée, un établissement d'enseignement, de quelque ordre qu'il soit, ni à y donner l'enseignement, s'il appartient à une congrégation religieuse non autorisée.

Affiche de Gustave Jossot pour le lancement du journal "L'Action quotidienne, anticléricale, républicaine, socialiste" 1903 2 14
Affiche de Gustave Jossot pour le lancement du journal "L'Action quotidienne, anticléricale, républicaine, socialiste" 1903

Le journal L'Action quotidienne, anticléricale, républicaine, socialiste lance une campagne pour le 17 mai 1903 pour demander la séparation des Églises et de l'État.

Arrêté municipal de la commune d'Entrecasteaux interdisant les processions daté du 13 juin 1904 (E dépôt 38 / 268) 3 14
Arrêté municipal de la commune d'Entrecasteaux interdisant les processions daté du 13 juin 1904 (E dépôt 38 / 268)

D'autres communes comme Draguignan feront de même : Félicien Clavier, maire de Draguignan interdit les processions le 5 septembre 1902.

Photographie du fronton de l'église d'Aups 4 14
Photographie du fronton de l'église d'Aups

En février 1848, la Seconde République décide officiellement que la formule « Liberté, Egalité, Fraternité » sera la devise de la France. Ainsi, à partir de cette période, certaines municipalités, pour bien montrer la mise au pas du clergé, décident d'inscrire la devise sur les frontons des églises. Ces inscriptions n'ont pourtant fait dans le Var l'objet de presque aucune délibération communale. Une des seules références connues est cet article de presse datant de 1882, montrant ainsi que ces inscriptions ne datent pas seulement de 1905.

En France, une centaine d'églises sont gravées de la devise, essentiellement dans le Midi, le Centre et Paris alors que ni la Bretagne ni la Corse n'en possèdent.

Photographie du fronton de l'église de Barjols 5 14
Photographie du fronton de l'église de Barjols
Photographie du fronton de l'église de Cotignac 6 14
Photographie du fronton de l'église de Cotignac
Photographie du fronton de l'église d'Entrecasteaux 7 14
Photographie du fronton de l'église d'Entrecasteaux
Photographie du fronton de l'église de La Roquebrussanne 8 14
Photographie du fronton de l'église de La Roquebrussanne
Photographie du fronton de l'église de Puget-Ville 9 14
Photographie du fronton de l'église de Puget-Ville
Photographie du fronton de l'église de Salernes 10 14
Photographie du fronton de l'église de Salernes
Photographie du fronton de l'église de Villecroze 11 14
Photographie du fronton de l'église de Villecroze
Article du journal "La Région radicale" daté du 19 mars 1882 (82 PRS 1) 12 14
Article du journal "La Région radicale" daté du 19 mars 1882 (82 PRS 1)
Arrêté municipal de la commune de Varages au sujet de l'inscription de la devise républicaine sur le fronton de l'église (1) 13 14
Arrêté municipal de la commune de Varages au sujet de l'inscription de la devise républicaine sur le fronton de l'église (1)
Arrêté municipal de la commune de Varages au sujet de l'inscription de la devise républicaine sur le fronton de l'église (2) 14 14
Arrêté municipal de la commune de Varages au sujet de l'inscription de la devise républicaine sur le fronton de l'église (2)

La loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat

Comparaison des idées d'Allard et Clémenceau au sujet de la loi de Séparation

Allard 10 avril 1905

Clemenceau 23 novembre 1905

1 leur position

"Messieurs, je ne me dissimule pas la difficulté de ma tâche. J'ai contre moi toute la droite, le centre gauche, la commission, le Gouvernement et probablement une partie de la gauche qui a déjà, avant tous débats, approuvé et adopté le projet du Gouvernement et de la commission, sans l'avoir sans doute examiné suffisamment."

Il dénonce "C'est une majorité de socialistes et d'ennemis de la séparation, les membres de la droite, qui votent l'article 4"

2 leur définition de la liberté de conscience

"Liberté de conscience et liberté religieuse ne sont pas deux choses absolument identiques... La liberté de conscience, si complète qu'elle puisse être, n'embarrasse que les tyrans et les fanatiques intraitables."

"Nous lutterons pour la liberté de conscience intégrale que vos papes ont condamnée et que nous réaliserons malgré vous, parce qu'elle est dans notre droit, dans le droit de tous les citoyens, à quelque croyance qu'ils appartiennent, parce que c'est la formule supérieure de toutes les revendications de la Révolution française, parce que c'est la condition nécessaire du rétablissement de l'homme dans sa personnalité, dans sa dignité."

3 leur contestation de l'article 4

"Vous, messieurs les républicains, vous allez remettre ces biens affectés jusqu'à ce jour à un service public, vous allez les remettre sans contrôle, en pleine propriété et jouissance à des associations privées qui seront autant des associations politiques que des associations religieuses."

"A ce premier monopole vous en avez ajouté un autre bien plus monstrueux encore qui, à la Chambre des députés, n'a suscité qu'une seule protestation, celle de mon ami Allard ; c'est le monopole des édifices cultuels."

4 leur lutte politique

Il ne veut pas que se constitue "Au milieu de l'Etat laïque et contre lui, cet Etat religieux particulier, cette société religieuse qui devient forcément un danger véritable quand elle est animée d'un esprit essentiellement hostile à tout progrès et à toute civilisation... Nous combattons les religions parce que nous croyons qu'elles sont un obstacle permanent au progrès et à la civilisation.... L'Eglise, danger politique et danger social, doit être combattue de toutes les façons."

"Vous n'êtes pas seulement une religion, vous êtes aussi une politique, une politique de domination et d'oppression… vous revendiquez l'homme tout entier. Il vous faut l'homme, il vous faut la femme, il vous faut l'enfant, il vous faut la conscience, il vous faut le gouvernement, il vous faut la vie, il vous faut la mort ! Et encore vous nous poursuivez au-delà du tombeau."

5 leur tolérance

"Je ne veux empêcher qui que ce soit de pratiquer un culte ; Ce n'est pas mon affaire ;mais je veux que l'Eglise catholique, ainsi que tous les autres cultes, soit placée, dans la vie politique courante, sur le même pied d'égalité que les associations de libre pensée, politiques, philosophiques ou autres avec lesquelles elle se trouve en concurrence."

"Le jour où votre religion serait atteinte dans sa liberté légitime, vous me trouveriez à côté de vous pour vous défendre, au point de vue politique, bien entendu, car au point de vue philosophique, je ne cesserais d'user de ma liberté pour vous attaquer."

6 leur vote par défaut

"Je voterai la loi parce que le principe de la séparation est en cause et parce que c'est la première fois que nous faisons une rupture officielle avec la papauté. Je voterai la loi pour une seconde raison : nous voulons que la question de séparation des Églises et de l'État reste à l'ordre du jour du Parlement et nous espérons que le Sénat améliorera la loi."

"Je me contente de ce qui m'est donné. Je crois que le pays, si la loi n'était pas votée, en éprouverait une grande déception.

Je lui dis que les républicains qui lui avaient promis la liberté de conscience intégrale n'abandonnent pas leurs revendications."

Portrait de Maurice Allard 1 3
Portrait de Maurice Allard

En 1898, le journaliste et avocat Maurice ALLARD, est élu député à Draguignan, il sera réélu en 1902 et en 1906. Allard se fait remarquer au Parlement par sa combativité anticléricale. Il prend une part plus qu’active contre la loi de 1905, la jugeant trop mièvre. Il veut empêcher que l’église ne devienne un État dans l’État, le parti de l’étranger. Au projet rapporté par Briand, Allard oppose en vain, une contre-proposition le 10 avril 1905. A Draguignan il est désigné comme étant « l’homme qui marche droit ! » (source : « Pensons par nous-mêmes », Maurice MISTRE)

Une du "Cri du Var" datée du 26 mars 1905 dans lequel Maurice Allard présente son contre-projet de séparation des Eglises et de l'Etat (95 PRS 1) 2 3
Une du "Cri du Var" datée du 26 mars 1905 dans lequel Maurice Allard présente son contre-projet de séparation des Eglises et de l'Etat (95 PRS 1)
Portrait de Georges Clemenceau (1 FI 64) 3 3
Portrait de Georges Clemenceau (1 FI 64)

Georges CLEMENCEAU est un homme politique Français né le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds. Il est élu député de Draguignan (1885-1893) puis sénateur du Var. Athée, il défend la liberté de toutes les opinions.

Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (1) 1 12
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (1)

Souvent présentée comme un des piliers de notre République, la loi de 1905 est le résultat d'une longue construction législative menée lors du ministère d'Emile Combes (1902-1905). Son vote s'est accompagné d'affrontements idéologiques et politiques violents lors des débats parlementaires ainsi que dans la presse. Dans l'esprit de ses auteurs, Aristide Briand, Jean Jaurès et Louis Méjan, elle était pourtant un loi de compromis.

Elle proclame la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes.

Article 1er : «la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes...».

Article 2 : «La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte...»

Par cette loi, l'État manifeste sa volonté de neutralité religieuse mais ne s'exonère pas de ses responsabilités. Il n'entend en aucune façon limiter la liberté de conscience ni cantonner la religion à la sphère privée - il n'est pas question par exemple d'interdire le port de vêtements religieux par les ecclésiastiques comme le demandait Maurice Allard.

La loi prévoit un inventaire des biens de l'Eglise et leur dévolution aux associations cultuelles nouvellement créées. Les fonctionnaires des Domaines devaient donc se rendre dans les églises pour inventorier leurs biens entraînant ainsi des oppositions farouches de la population notamment dans les régions fortement catholiques comme la Bretagne.

Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (2) 2 12
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (2)
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (3) 3 12
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (3)
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (4) 4 12
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (4)
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (5) 5 12
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (5)
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (6) 6 12
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (6)
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (7) 7 12
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (7)
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (8) 8 12
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (8)
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (9) 9 12
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (9)
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (10) 10 12
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (10)
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (11) 11 12
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (11)
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (12) 12 12
Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat - 1 K 420 (12)
Portrait de Louis Martin, député du Var, ayant voté pour la loi de Séparation 1 4
Portrait de Louis Martin, député du Var, ayant voté pour la loi de Séparation
Portrait de Louis Sigallas, sénateur du Var, ayant voté pour la loi de Séparation 2 4
Portrait de Louis Sigallas, sénateur du Var, ayant voté pour la loi de Séparation
Portrait d'Octave Vigne, député du Var, ayant voté pour la loi de Séparation 3 4
Portrait d'Octave Vigne, député du Var, ayant voté pour la loi de Séparation
Portrait de Proper Ferrero, député du Var, ayant voté pour la loi de Séparation 4 4
Portrait de Proper Ferrero, député du Var, ayant voté pour la loi de Séparation
Lettre du préfet du Var au sous-préfet de Toulon au sujet de l'inventaire des biens d'églises (3 Z 188) 1 2
Lettre du préfet du Var au sous-préfet de Toulon au sujet de l'inventaire des biens d'églises (3 Z 188)

La loi prévoit un inventaire des biens de l'Eglise et leur dévolution aux associations cultuelles nouvellement créées. Les fonctionnaires des Domaines devaient donc se rendre dans les églises pour inventorier leurs biens entraînant ainsi des oppositions farouches de la population notamment dans les régions fortement catholiques comme la Bretagne.

Devenu ministre de l'Intérieur puis président du Conseil (1906-1909), Clemenceau est chargé de faire appliquer la loi dans un contexte d'affrontement, il choisit alors l'apaisement. En effet dans la France entière, les inventaires ont posé problème avec de fortes manifestations, l'armée devant même intervenir ! Dans le Var, aucun incident notable n'est à signaler, si ce n'est quelques procès-verbaux.

Une du Petit Journal datée du 18 mars 1906 représentant les troubles survenus à l'occasion de l'inventaire des biens d'églises (32 PRS 4) 2 2
Une du Petit Journal datée du 18 mars 1906 représentant les troubles survenus à l'occasion de l'inventaire des biens d'églises (32 PRS 4)

Le XXIe siècle

Charte de la laïcité à l'école (2013) 1 3
Charte de la laïcité à l'école (2013)

En 2013, le ministère de l'Education Nationale dévoile la nouvelle charte de la laïcité à l'école, celle-ci doit être apposée dans toutes les écoles et établissements du second degré. Son affichage est obligatoire dans tous les établissements scolaires.

La Charte de la laïcite dans les services publics (2006) 2 3
La Charte de la laïcite dans les services publics (2006)

La charte de la laïcité du service public de 2006 impose à tous les agents publics un devoir strict de neutralité et Il appartient aux responsables des services publics de faire respecter l’application du principe de laïcité dans l’enceinte de ces services. Concernant les usagers des services publics, ils peuvent exprimer leurs convictions religieuses à condition de respecter la neutralité du service public.

Affiche "La République se vit à visage découvert" 3 3
Affiche "La République se vit à visage découvert"

LOI du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public

Article 1 Nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage.

Article 2 I. Pour l'application de l'article 1er, l'espace public est constitué des voies publiques ainsi que des lieux ouverts au public ou affectés à un service public.

Circulaire du 2 mars 2011 interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public

Se dissimuler le visage, c'est porter atteinte aux exigences minimales de la vie en société. Cela place en outre les personnes concernées dans une situation d'exclusion et d'infériorité incompatible avec les principes de liberté, d'égalité et de dignité humaine affirmés par la République française. La République se vit à visage découvert. Parce qu'elle est fondée sur le rassemblement autour de valeurs communes et sur la construction d'un destin partagé, elle ne peut accepter les pratiques d'exclusion et de rejet, quels qu'en soient les prétextes ou les modalités.

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